Comment font les parents qui suscitent l’engagement spontané de leurs enfants, sans avoir besoin de hausser le ton ? Vous avez le sentiment que ce n’est pas possible pour vous. Que pour vous faire obéir, vous n’avez pas d’autre choix que de passer en mode autoritarisme et d’adopter la posture en forçant la voix et, au besoin, proférer des menaces en cas de non exécution…

Pourtant, en vous interrogeant sur votre façon de fonctionner, vous allez pouvoir faire évoluer cette attitude et régler votre curseur. Grâce à la parentalité bienveillante, vous allez adopter une nouvelle posture qui fera évoluer positivement votre mode éducationnel. Je vous propose 3 clés essentielles, qui vous permettront d’adoucir le rapport avec vos enfants.

1- Faites le point sur vos exigences

Pourquoi voulez-vous l’obéissance ? Que voulez-vous obtenir ? En quoi est-ce important pour vous ? Qu’est ce qui se passera si vous ne l’obtenez pas ? Ces questions vont vous permettre d’évaluer l’importance de la demande que vous exprimez et de comprendre le besoin caché derrière cette demande. Il s’agit là de faire le tri entre l’autoritarisme et l’autorité.  S’agit-il de forcer l’autre à faire quelque chose que VOUS jugez nécessaire, juste pour nourrir votre égo, vous sentir validé en tant que personne ou en tant que parent ? Ou souhaitez-vous que votre enfant agisse d’une certaine manière, car les règles en place, le contexte ou les contraintes vous y poussent ? Plus vous aurez la capacité de faire le tri entre ces postures, plus vous pourrez lâcher-prise sur une partie de vos exigences.

Par exemple : votre enfant veut mettre un pantalon rouge vif avec un pull vert pomme ? Le forcer à mettre un autre pantalon, pour que cela soit plus harmonieux avec la couleur de son pull risque peut-être de déclencher un conflit. Qu’est ce qui est important pour vous à ce moment-là ? Avez-vous peur que votre enfant montre une image dont vous ne voulez pas ou qu’on se moque de son apparence ? Est-ce plus important que le conflit auquel vous allez être confronté ?

Interrogez-vous sur ce que cela vous fait vivre. Ne faites pas porter à votre enfant la responsabilité de ce que vous ressentez à ce moment-là.

2- Soyez au clair avec vos valeurs

Quelles règles sont non-négociables ? Quelles sont les attitudes que vous n’acceptez pas ? Que souhaitez-vous leur transmettre ? Quelles valeurs sont essentielles à vos yeux ?

Il s’agit là de définir clairement vos limites et le cadre éducatif que vous voulez poser. Une parentalité bienveillante se construit sur une vision positive et consciente des besoins de tous. Si pour vous, le respect est une valeur fondamentale, pour pourrez évaluer rapidement si votre autorité est nécessaire ou pas selon ce qui arrive. Vous gagnerez en crédibilité dans vos demandes, car elles seront cohérentes avec ce cadre éducatif. Mais surtout faites en sorte de les appliquer pour vos propres actes vis-à-vis d’eux. 

Par exemple : votre enfant néglige les formules de politesse dans ses demandes ? Si c’est pour vous une marque de respect, vous pourrez lui rappeler que c’est une condition nécessaire pour être respectueux. Mais attention ! Assurez-vous que vous utilisez ces marques de respect dans vos propres demandes. Cette ligne directrice vous garantira plus de sérénité dans votre rôle d’éducateur. Plus vos actes et votre discours seront cohérents, plus vous transmettrez en douceur des messages solides, qui vous éviteront de recourir à l’opposition systématique.

3- Acceptez leurs erreurs et développez leur libre-arbitre

Quelles responsabilités peut-il endosser ? Quelles conséquences naturelles êtes-vous prêts à le laisser endurer ? Comment pouvez-vous l’accompagner à faire les bons choix ?

Parmi toutes les exigences que vous avez, il en est forcément qui vont permettre à votre enfant de faire son propre apprentissage. L’objectif est de renforcer sa capacité à prendre les bonnes décisions, à tirer les leçons de l’expérience. Celles-ci s’appuieront notamment sur ces valeurs que vous lui aurez transmises. C’est en se trompant qu’il éprouvera seul le bien-fondé de ses actes et qu’il apprendra à rectifier le tir pour aller naturellement vers l’attitude la plus adaptée à la situation qu’il vivra.

Par exemple : il fait froid et votre enfant refuse de mettre un manteau pour aller jouer dans le jardin ? Vous pouvez lui indiquer que la température est fraîche et qu’il aura plus chaud avec un manteau. N’insistez pas. S’il éprouve la sensation de froid, il pourra de lui-même aller chercher sa parka pour se sentir plus confortable. Dans ce cas, abstenez-vous de lui rappeler que vous lui aviez dit qu’il fallait un manteau et que, donc, vous aviez raison. Ce serait le ramener à son incapacité de prendre une bonne décision…

Pour conclure, le respect ne s’impose pas, il se construit.

Il commence par l’acceptation de l’autre et de sa différence.La parentalité bienveillante nécessite la prise en compte des rôles et besoins de chacun. Ce que vit votre enfant, ce qui est bon pour lui, n’est pas forcément ce qui est bon pour vous. Soyez un guide, pas un dictateur. Faites évoluer votre cadre au fur et à mesure de la croissance de votre enfant, en veillant bien sûr toujours, à son intégrité physique et mentale. Et surtout, soyez patients…