Ah ! L’argent !

Un sujet délicat, souvent source de division et de jalousie. Certains vivent avec l’impression de ne jamais en avoir assez, tout en craignant d’être jugé le jour où ils en gagneront plus. D’autres en gagnent plus que nécessaire, mais bouclent avec difficulté leurs fins de mois ou, à l’inverse, ont tellement peur de le perdre, qu’ils vivent dans une restriction maladive…. En résumé, quelles que soient les situations, la relation à l’argent est un sujet qui déclenche des réactions contradictoires et qui conditionne beaucoup de nos comportements.

L’argent a-t’il autant de pouvoir qu’on veut bien lui prêter ? Est-il possible d’améliorer la relation que nous entretenons avec lui ?

Pourquoi l’argent est-il un sujet aussi délicat ?

L’argent est effectivement un vrai sujet. Comme la mort, l’amitié, le sexe, le travail. On a tous un point de vue dessus, issu de nos croyances, qui va fortement conditionner le rapport que nous entretenons avec lui. Et comme toutes les croyances, elles nous sont propres et sont souvent fortement ancrées. Alors, difficile de les déloger si on ne prend pas le temps de s’y attarder un peu…

Ces croyances sont avant tout liées à nos origines familiales, sociétales et culturelles.

Par exemple, on voit bien que notre relation à l’argent est totalement différente en France et aux Etats-Unis. Là-bas, on affiche sans complexe le montant de son salaire annuel et c’est même une preuve assumée de réussite. En France, c’est plutôt, « moins on en parle, mieux on se porte ».

C’est d’ailleurs une véritable contradiction dans notre pays. D’un côté, nous sommes fiers de représenter  la patrie du luxe, du prestige et du raffinement, avec des entreprises mondialement connues. Mais de l’autre, nous avons tendance à tirer à boulet rouge sur les personnes qui en gagnent beaucoup. On comprend vite que de telles contradictions peuvent engendrent des conflits dans nos perceptions …

Difficile de comprendre pourquoi l’argent est un sujet qui indispose autant dans l’hexagone…

Peut-être est-ce dû à l’histoire de notre pays et à son passé monarchiste ?…

Nos croyances familiales aussi constituent le terreau de notre relation à l’argent.

Elles se construisent quand l’argent est lié à des événements familiaux marquants : faillite, conflits, réussites, trahisons, engagements, success story… Selon l’émotion vécue par les personnes impliquées dans ces moments forts, des croyances se créent dans notre inconscient, puis se transmettent ensuite de générations en générations…

Quel est l’impact de ces croyances dans notre quotidien ?

La nature de nos croyances à l’argent peut créer de façon inconsciente un blocage énergétique plus ou moins important.

Car oui, l’argent est une énergie.

Comme l’amour, ça se donne et ça se reçoit. Plus ces deux forces s’équilibrent, plus notre rapport à l’argent est de bonne qualité et moins, par exemple, on éprouve cette peur du manque. On paie ses dettes à date, on cherche à gagner suffisamment d’argent pour vivre, on accepte de prêter de l’argent et on sait aussi le réclamer…

Quand on favorise un aspect au détriment de l’autre, c’est le signe d’un blocage énergétique qui va impacter notre vie, bien au-delà de notre seule santé financière.

C’est le cas si on a du mal à dépenser son argent, qu’on calcule tout en permanence, qu’on négocie pour toujours payer le moins possible (et je ne parle pas de personnes ayant de réelles difficultés financières)

Ou si, à l’inverse, on dépense sans compter, on refuse quand les gens veulent participer, on ne réclame jamais son dû, on paie plus qu’on ne devrait sans sourciller ou on est mal à l’aise à se faire payer ses services (quand on est indépendant par exemple)

On voit bien l’impact que ces deux attitudes peuvent générer d’un point de vue sociétal et relationnel.

Et chacune de ces attitudes est induite par les croyances qu’on a construites.

Dans le premier cas, peut-être a-t’on hérité d’une croyance familiale qui nous maintient dans la peur du manque ou de se faire avoir.

Dans le second, peut-être qu’on entretient malgré nous la croyance qu’on sera aimé et entouré seulement si on est généreux…

On dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur. D’ailleurs, on connaît tous des personnes célèbres, riches, dépressives ou suicidaires. Et d’autres, qui vivent avec peu et incarnent la joie de vivre . Pourtant, on voit bien que tout le monde (ou presque) rêverait d’en avoir plus. Comment expliquer ce paradoxe ?

Oui, on pense souvent à tort, que l’argent serait la clé de plus de bonheur et d’épanouissement. Le moyen pour ne plus avoir de soucis au quotidien et gagner en sérénité.

La réalité, c’est qu’on prête à l’argent un pouvoir qu’il n’a pas.

Car non, l’argent n’a aucun pouvoir !

Il n’a que celui qu’on lui donne, car l’argent n’est en fait qu’une projection de notre monde intérieur.

Dans son livre « Ce que l’argent dit de nous » Christian Junod, l’un des meilleurs spécialistes de la relation à l’argent l’explique avec beaucoup de pertinence.

Pensez à votre relation à l’argent.

Quel est le premier mot qui vous vient pour exprimer ce que cela représente pour vous ? Les mots fréquents sont souvent LIBERTE ou SECURITE… Mais ça peut également être CONFLITS, JALOUSIE, INSOUCIANCE, DOMINATION, GENEROSITE….

En fonction du mot qui vous vient, demandez-vous ce que vous pourriez faire pour y répondre en dehors de l’argent. Par exemple, si l’argent représente pour vous la sécurité, demandez-vous quelle est vraiment la source de votre insécurité. Est-ce de perdre votre salaire ou le fait que, si demain vous perdez votre emploi vous pensez ne pas être capable d’en trouver un nouveau ?

Si vous pensez que l’argent attire les jaloux, n’est-ce pas parce que vous êtes vous-même jaloux de ceux qui parviennent à en gagner plus que vous ?

Si l’argent représente la liberté, demandez-vous ce qui vous donne le sentiment de ne pas être libre aujourd’hui.

Si vous êtes pleinement honnête avec vous, vous verrez que oui, l’argent facilite la vie et la rend plus confortable, mais qu’il n’est pas – dans la grande majorité des cas – la réponse aux problèmes. La plupart du temps, le manque d’argent est d’abord la conséquence d’un comportement. Plutôt que de porter la responsabilité de votre situation sur le seul manque d’argent, demandez-vous quels changements de comportement vous permettrait d’en dépenser moins ou d’en gagner plus… Ce n’est pas très confortable à entendre, mais cela permet d’agir sur les vrais leviers de changement.

Si l’argent ne fait pas le bonheur, est-il quand même un moyen pour s’en rapprocher ?

Demandez-vous ce que vous faites réellement de votre argent.

Bien sûr, il assure la réponse à nos besoins physiologiques et de sécurité (nous nourrir, nous loger…) mais une fois que ces besoins primaires sont remplis, où va-t’il ?

Il est très intéressant de prendre le temps de se poser 2 questions qui permettent de mettre plus de conscience sur nos besoins financiers :

« De combien ai-je VRAIMENT besoin pour vivre ? »

« Au service de quoi j’ai envie de mettre mon argent ? »

L’argent est un bulletin de vote.

La façon dont on le dépense impacte le monde dans lequel on vit.

Dépensons-le en conscience. Grâce à l’argent, nous pouvons exprimer les valeurs qui nous animent et participer plus concrètement au monde qu’on a envie de construire.

C’est en choisissant nos dépenses, en lien avec ce qui nous anime et qui fait sens pour nous, qu’on va s’aligner et gagner en cohérence interne.

Et c’est bien cet alignement qui est, avant tout, la source du bonheur.